À l’occasion de l’Agora du Grand Âge, organisée le 19 juin à Lille par la FNAQPA et l’AD-PA, plusieurs acteurs du secteur ont plaidé pour une évolution profonde du financement des établissements accueillant des personnes âgées. Leur objectif : construire un modèle davantage adapté aux besoins des résidents et moins inspiré du fonctionnement hospitalier.
Le directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), Maëlig Le Bayon, a estimé que le système actuel de tarification ne répond plus aux réalités du grand âge. Selon lui, les financements restent principalement construits autour d’une logique sanitaire, alors que les EHPAD sont avant tout des lieux de vie où l’accompagnement doit être personnalisé. Il appelle ainsi à distinguer trois dimensions : le logement, l’accompagnement quotidien et les soins médicaux. Une approche qui permettrait de mieux respecter les choix, l’autonomie et les habitudes de vie des résidents, à l’image de ce qui existe déjà dans le secteur du handicap.
Les échanges ont également mis en lumière les limites du dispositif Pathos, utilisé pour évaluer les besoins en soins des résidents et déterminer les financements des EHPAD. Plusieurs professionnels dénoncent des procédures longues et parfois déconnectées de la réalité du terrain, avec des évaluations qui ne reflètent pas toujours les besoins réels des établissements. Pour répondre à ces difficultés, la CNSA travaille sur une modernisation du système. Parmi les pistes évoquées figurent le développement du dossier usager informatisé, qui permettrait un suivi plus réactif des besoins, ainsi qu’une simplification des procédures d’évaluation afin d’adapter plus rapidement les financements aux évolutions de l’état de santé des résidents.
Au-delà de la seule question budgétaire, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’adopter une vision globale du parcours des personnes âgées. Mieux accompagner les résidents en EHPAD ou à domicile pourrait également permettre de réduire les hospitalisations évitables et d’améliorer la qualité de vie tout en optimisant les dépenses publiques. La Haute Autorité de santé (HAS) a, de son côté, annoncé un travail visant à mieux mesurer les bénéfices sociaux, humains et économiques des accompagnements médico-sociaux. Une démarche qui pourrait, à terme, mieux valoriser les investissements réalisés dans le secteur du grand âge et contribuer à faire évoluer les politiques publiques.
Source : gerontonews.com