Le « fonds exceptionnel pour la transition
écologique des Ehpad » reconduit en 2026

C’est une nouvelle enveloppe de 50 millions d’euros qui est allouée aux établissements
médico-sociaux pour leur permettre « d’acheter du matériel, notamment de rafraîchissement ».

Alors que le gouvernement a activé, le 25 juin, le niveau 3 du plan Orsan face à l’épisode de fortes chaleurs et à la pression qu’il induit sur le système de santé, la ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, a annoncé ce même jour en fin d’après-midi, sur le plateau de BFMTV, « 50 M€ [millions d’euros] supplémentaires pour acheter du matériel et notamment du matériel de rafraîchissement » pour les établissements médico-sociaux.

En 2025, un « fonds exceptionnel pour la transition écologique des Ehpad », doté de 49 millions d’euros (M€) sous forme de crédits non reconductibles (CNR) nationaux, avait été inscrit dans la deuxième instruction pour la campagne budgétaire 2025 des établissements et services médico-sociaux pour personnes âgées et handicapées.

Ce 26 juin, le cabinet de Camille Galliard-Minier a précisé à la presse qu’après les « 50 M€ [et non 49 M€, donc, NDLR] mobilisés fin 2025 pour améliorer le confort thermique des établissements », « 50 M€ supplémentaires seront déployés en 2026, portant l’effort cumulé à 100 M€ ».

« Ces fonds sont destinés à adapter les infrastructures des Ehpad aux fortes chaleurs et à améliorer le confort thermique lors des épisodes de canicule », a-t-il ajouté.

Un plan Ehpad sur 10 ans « partagé » avec les départements ?

marcuspon – stock.adobe.com

Par ailleurs, dans une « lettre aux maires de France » diffusée sur son compte X ce 26 juin, le premier ministre, Sébastien Lecornu, explique que « depuis le drame de 2003, notre pays a profondément renforcé la protection des résidents d’établissements pour personnes âgées. Tous les Ehpad disposent d’un espace collectif rafraîchi. Les plans de gestion de crise, les procédures d’hydratation et la surveillance des résidents sont désormais généralisés ».

« Environ 10 % des établissements disposent également de chambres climatisées. Ces progrès sont réels. Ils expliquent que les Ehpad soient aujourd’hui mieux préparés qu’ils ne l’étaient il y a 23 ans », affirme-t-il. Néanmoins, dans un communiqué, le 23 juin, la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa) a alerté sur le fait qu’en Ehpad, « les températures relevées dans certaines chambres atteignent jusqu’à 35° en journée et 30° la nuit » et que « la présence d’une seule pièce rafraîchie ne suffit plus pour garantir le repos nocturne des personnes âgées ».

Dans son courrier, Sébastien Lecornu précise aussi que « le fonds destiné à l’amélioration de la qualité dans les Ehpad, doté de 100 M€, pourra également être prioritairement mobilisé pour ces dépenses » de rafraîchissement.

Dans l’instruction budgétaire pour 2026 des établissements et services médico-sociaux pour personnes âgées et handicapées, la création d’un fonds de soutien à la qualité pour les Ehpad en difficultés financières fait l’objet d’une première délégation de 85 M€, les agences régionales de santé (ARS) étant invitées à compléter cette enveloppe, avec un objectif de montant global de 140 M€.

Ce fonds est censé être mobilisé pour permettre de rendre les Ehpad compatibles avec l’appellation « maison France autonomie ». Interrogé par APMnews/Gerontonews sur la ventilation de ces 140 M€, l’entourage de Camille Galliard-Minier n’a pas répondu.

Dans son courrier aux maires, le premier ministre mentionne aussi EDF, qui « consacre une enveloppe de 40 M€ d’investissement pour contribuer à la climatisation des écoles comme des Ehpad ».

Surtout, « le gouvernement proposera également aux conseils départementaux de travailler à un plan d’investissement partagé sur 10 ans pour les Ehpad », avance Sébastien Lecornu. « Notre objectif est simple : à l’issue de la prochaine décennie, aucun de nos aînés ne devra plus souffrir de la chaleur dans sa chambre », promet-il.

Sollicité par APMnews/Gerontonews ce 26 juin, le vice-président de Départements de France (DF), Olivier Richefou, a regretté avoir « découvert » cette proposition via la lettre du premier ministre aux maires, dont il a par ailleurs déploré qu’elle n’ait pas été adressée aussi aux départements, et ce alors que les départements sont actuellement en froid avec l’État sur l’accompagnement du grand âge.

« Il n’y a eu aucun échange préalable avec DF sur le sujet », a insisté celui qui est aussi président du conseil départemental de la Mayenne. « Une fois de plus, je ne pense pas que la méthode soit au rendez-vous et je ne crois pas que ce soit dans ces moments-là qu’il faille lancer des idées, peut-être de nature à vouloir rassurer », a-t-il ajouté. Néanmoins, « chiche ! Mettons-nous autour de la table et ne lançons pas des idées comme ça sans associer les partenaires ».

Interrogé sur le départ de DF du projet « France autonomie » début juin, il a dit attendre que Matignon revienne vers l’organisation. Cette nouvelle annonce « remet une pièce dans une machine qui consiste à ne pas bien s’organiser en matière de concertation », a-t-il formulé.

Bientôt des annonces du premier ministre

Cela dit, « la principale fragilité se trouve désormais avant tout au domicile de celles et ceux qui vivent seuls, parfois sans famille à proximité, sans accompagnement régulier et sans avoir demandé leur inscription sur le registre communal des personnes vulnérables », estime Sébastien Lecornu auprès des maires.

« C’est pourquoi », dit-il, « j’ai demandé au gouvernement d’organiser, avec le groupe La Poste, une mobilisation exceptionnelle en proposant les services de son réseau de facteurs en appui des communes qui le souhaitent ». La Poste a développé depuis plusieurs années une stratégie d' »aller-vers » pour contribuer au repérage des fragilités liées à l’âge ou à la maladie et à leur accompagnement à domicile, via notamment les facteurs.

Cette « mobilisation […] ne remplacera jamais l’action des maires, des CCAS [centres communaux d’action sociale], des associations et des professionnels de santé », mais « elle viendra la compléter », fait-il valoir.

Le 24 juin, dans un communiqué, l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) rapporte que lors d’une « réunion ‘canicule' » avec Camille Galliard-Minier, la ministre a permis aux services d’aide et de soins à domicile (Saad, Ssiad) ainsi qu’aux établissements, de pouvoir « engager sans délai des recrutements pour faire face à l’afflux de besoins liés à la canicule », d' »acquérir tout nouveau petit matériel et achat de denrées alimentaires adaptées pour sécuriser les conditions de vie des résidents et bénéficiaires » et de « bénéficier d’une prise en charge intégrale de ces dépenses exceptionnelles par les pouvoirs publics, sur présentation de factures ». Interrogé sur ce point par APMnews/Gerontonews, le cabinet de la ministre n’a pas répondu.

Par ailleurs, « j’aurai prochainement l’occasion de présenter de nouvelles décisions pour l’hôpital, l’accès aux soins et l’accompagnement du vieillissement », affirme Sébastien Lecornu à deux reprises dans sa lettre aux maires.

Journalistes : Claire Beziau et Valérie Lespez
 Source : gerontonews.com

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